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La Lectrice

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7 juin 2005

Un Borges barbichonnant

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Borges... Hermétique et pas très glamour...

Il est un moment que j'adore, que je guette, que j'attends, c'est celui de l'envoi des avis du groupe lecture. Je me marre d'avance, je me délecte, j'imagine les mines de chacune... J'ai quelques fois des surprises mais la plupart du temps, je reconstitue dans mon théâtre intérieur les mots, les intonations, les mouvements de mains, les exclamations de chacune des participantes.

Je ne résiste pas au plaisir de vous donner les derniers avis, sur un livre mâââââgnifique d'ennui et que je vous recommande chaudement si vous voulez faire un cadeau à votre meilleur ennemi :  Le Livre de sable, de Jorge Lui Borges http://www.voixauchapitre.com/archives/livre_de_sable.htm

C'est de là que je tire le titre de mon post (merci Claire !). Et mention spéciale à Jean-Pierre de Bretagne. Je souscris mot pour mot à son avis !

Borges, si on y regarde de près, fonde sa réputation sur pas grand chose. Il a publié quelques poèmes, deux recueil de nouvelles complètement obscures : Fictions et Le Livre de sable... Il n'a jamais été couronné d'un quelconque prix de littérature un peu connu (prix Formentor et prix Cervantès..  peuh...) et n'oublions pas qu'il est resté bien peinard directeur de sa bibliothèque pendant les années de dictature. Bref, lire Borges, c'est fait pour briller dans les salons.

Donc, autre pensum pour vendredi lire : Conversations à Benos Aires,  Jorge Luis Borges et Ernesto Sbato (ce dernier auteur ne m'avait pas emballé non plus, mais il est moins quand même moins surfait.)

Je pense que cela va encore me "barbichonner"....

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3 juin 2005

Primo Levi (suite)

Ce matin, la lecture de Primo Levi dans les transports en communs bondés par les grèves avait quelque chose d'effarant. Non, je ne ferai pas le parallèle entre les wagons plombés et nos rames surpeuplées de travailleurs résignés, avec parfois ça et là, un mouvement de colère, une indignation à peine rentrée qui se manifeste sur nos compagnons d'infortune.

Coup de gueule

Oui, messieurs des syndicats des transports qui décidez des mouvements sociaux. Que défendez-vous ? Vos privilèges, à n'en pas douter. Les quais sont remplis de travailleurs, femmes et hommes, qui peinent à joindre les deux bouts, luttent pour arriver à l'heure et sont fatigués de vos perpétuelles revendications, qui ne contentent que vous et certainement pas les 3 millions de chômeurs, ni les salariés pauvres... Je l'écris d'autant plus volontiers que je n'ai pas à rougir de l'engagement que j'ai auprès des salariés de l'entreprise qui m'emploie. Et je rage parce que les années passants, ces épisodes me font devenir chaque jour un peu plus intolérante. Est-ce cela vieillir ?

Comment survivre à la vie ?

Deux thèmes abordés par Primo Levi m'ont fait réfléchir. Le premier est celui des survivants du Lager. Pourquoi moi ? s'interroge-t-il. Ai-je failli au devoir de solidarité en arrivant à survivre au détriment des autres ?  Pour témoigner ? Non, certainement pas.

"Les "sauvés" du Lager n'étaient pas les meilleurs, les prédestinés au bien, les porteurs d'un message : tout ce que j'avais vu et vécu montrait exactement le contraire. Ceux qui survivaient étaient de préférence les pires, les égoïstes, les violents, les insensibles, les collaborateurs de la "zone grise" (c'est-à-dire ceux qui en étant opprimés participaient plus ou moins activement à l'oppression, note de la lectrice), les mouchards. [...] Les pires survivaient, c'est-à-dire les mieux adaptés, les meilleurs sont tous morts."

Je repense à ce merveilleux roman de William Styron, Le Choix de Sophie, qui m'avait bouleversée ado et que j'ai relu récemment avec la même stupeur. Sophie survit au camp. Elle a sacrifié sa fille contre son fils (le choix de Sophie) mais également est employée comme servante au domicile du commandant du camp.

Qu'est-ce qui fait que l'on survive dans des conditions extrêmes ? Quelle est la part d'adaptabilité, quelle est celle de compromis ? Un autre livre fondamental, qui explore dans le registre de la fiction, cette problématique est Mickael K, sa vie, son temps, de JM Coetzee. Où l'on voit le héros survivre dans le désert, seul, avec quelques graines de potiron. Je voudrais aussi citer Vendredi ou les limbes du Pacifique, de Michel Tournier, où Robinson s'introduit et laisse couler le temps dans le ventre de Speranza, l'ïle déserte.

L'homme seul (l'être humain, bien sûr), seul avec lui-même, seul avec les autres.

Le pouvoir

Le second thème abordé dans le chapitre II La zone grise, est celui du pouvoir et de l'ascension des privilégiés. "L'ascension des privilégiés, non seulement au Lager mais dans toutes les sociétés humaines, est un phénomène angoissant mais fatal : ils ne sont absents que dans les utopies."
Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec le pouvoir exercé au sein des entreprises, qui est une des formes les plus anti-démocratiques d'organisation, au coeur même de notre société démocratique.
"C'est le devoir de l'homme juste de faire la guerre à tout privilège non mérité, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une guerre sans fin. Là où existe un pouvoir exercé par un petit nombre ou par un seul homme, contre le grand nombre, le privilège naît et prolifère, même contre la volonté du pouvoir lui-même, mais il est normal au contraire que le pouvoir, le tolère et l'encourage."

A méditer avec tous ceux qui dans mon entourage glosent lors des pauses cigarettes -et j'en fait partie !- sur le pouvoir de quelques chéfaillons nuisibles... Qui ne sont pas mauvais en eux-mêmes mais dont leur nuisance se révèle dans l'exercice médiocre de leur tyrannie.

En guise de conclusion

Primo Levi n'aurait peut-être pas écrit comme le souligne justement un commentateur - à l'inverse de Anne Franck, qui, selon moi, portait en elle tous les talents d'une future écrivaine - . Cependant, lire Primo Levi, c'est à la fois accéder à la réflexion philosophique et psychanalytique, sans même avoir le moindre bagage scientifique pour aborder ces idées (c'est mon cas), mais juste en faisant marcher son esprit et en faisant résonner ses phrases dans l'intimité de sa conscience.

2 juin 2005

Primo Levi

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Primo Levi - Les naufragés et les rescapés - Quarante ans après Auschwitz - Arcades, Gallimard

Je me souviens du suicide de Primo Levi, j'avais 19 ans. Pour moi, rien que le nom et les thèmes abordés, c'était un penseur complexe et barbant. J'ai des idées préconçues très basiques.

J'ai lu il n'y a pas si longtemps que ça Si C'est Un Homme  et j'ai été ébranlée. C'est ça Primo Levi : un homme simple, une histoire douloureuse, un regard sur ses compagnons d'infortune et des émotions... J'ai lu aussi La Trêve, le récit de son retour en Italie après la libération des camps, à travers l'Europe centrale... Et toujours, cette galerie de personnes étonnantes, touchantes, qui vivent et qui luttent.

Ce matin très exactement, je viens de commencer Les Naufragés et les rescapés. Il parle de la mémoire, du temps qui efface les blessures pour éviter de se sentir coupable... J'aime Primo Levi, à la manière d'un grand-père qui me raconte des histoires et me fait sentir la vanité des choses et la beauté des êtres humains. Tiens, au moment où j'écris, je me souviens que mon arrière grand-père paternel lui aussi se prénommait Primo (Cantova). Je n'avais jamais fait le rapprochement...

2 juin 2005

En guise d'introduction

Amis lecteurs bonjour,

J'ai succombé à la tentation du blog. Souvent, j'entendais : "Tu n'as pas ton blog ? Avec la vie que tu mènes... Toutes tes aventures... (sexuelles sous-entendu...)". Et bien non ! Si c'est bien un domaine où je n'avais pas de penchants nombrilistes. Et puis, j'ai réfléchi. Ecrire un blog sur mes lectures... Qui m'occupent au moins une heure par jour... Par lectures, j'entends, la littérature, avant tout, mais je n'exclus pas les articles que je peux glaner ici ou là... ou le reste.

Partager mes lectures... Avec d'autres lecteurs, Je le fais régulièrement depuis deux ans en participant à un groupe hautement recommandable et recommandé : www.voixauchapitre.com. Je suis une petite novice comparée aux routardes de l'avis partagé et du désaccord élevé au rang de principe (18 ans pour les plus anciennes). Eh ! oui, la lecture est aussi très féminine...

Bref, ce blog se veut un bavardage pas toujours très élevé avec moi-même, sur mes lectures. Un peu la mise en forme et l'accession aux autres qui seraient tentés , de mes réflexions sur mes lectures. Il n'a AUCUNE prétention de critique littéraire. D'ailleurs, je n'ai pas fait d'études de lettres. J'ai toujours trouvé la glose des profs de français (ou de lettres) pas très intéressante sur les livres que l'on lisait. Soit, je les avais déjà lus et même leur explications n'arrivaient pas à m'en lasser... Soit, c'était une découverte et malheureusement ils m'en ont dégoûté jusqu'à la fin de mes jours.
Je vais citer (oui, oui , de la délation !), tout particulièrement Stendhal... En classe de 3ème, au Lycée Pasteur de Neuilly, nous avons étudié Le Rouge et le noir sous la férule d'un prof de français particulièrement désagréable M. Le Motheux... Oh, moi qui aimait tant lire, je détestais cet homme, ses manières, ses jugements à l'emporte pièce. La littérature n'était jamais abordée dans le sens du plaisir et de la découverte ! Et il m'a dégouté à jamais de Stendhal et je n'ai jamais réussi à relire par la suite.

A bientôt

2 juin 2005

La lectrice

Bonjour,

Je suis une grande lectrice. J'ai envie de partager mes lectures, coups de coeur ou coups de gueule avec d'autres fanas.

Je participe également à un groupe lecture : www.voixauchapitre.com

Mes goûts et dégoûts se dévoileront au fil des messages.

La lectrice

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La Lectrice
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